Domaine des Von HALTEN

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 Carnet de route

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Marianne

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MessageSujet: Re: Carnet de route   Lun 20 Sep - 11:02



[ Chambre de Lily ]

Il ne pouvait s’empêcher d’avoir un regard tendre pour elle. Lily souffrait en silence, pas de ses blessures à l’épaule ou à la cuisse, mais une blessure bien plus grande encore, à son cœur. Jake voulait l’aider à surmonter cette épreuve. Il connaissait trop bien ce sentiment, cette douleur qui nous tiraille, à perdre pied, à vouloir se laisser aller, mais pas Lily. Il ne la connaissait pas beaucoup, mais le peu qu’il semblait connaître d’elle montrait un caractère de battante.

Lily lui fit un sourire quand Jake prononça ces quelques mots en italien. Il savait que la demoiselle connaissait cette jolie langue chantante, pour l’avoir entendu fredonner une chanson à sa sœur. Il lui parlait de Malou, de ses proches. Il voulait qu’elle pense à eux. C’était ça le plus important dans la vie, la famille. Ce sont ces valeurs qu’il voulait inculquer à ses enfants. La jolie brune pressa sa main légèrement alors que ses petites fossettes lui montrèrent de la joie. Il restait juste le sourire mutin qu’il aimait tant à faire apparaître sur ses lèvres.

« Oui, la famille est très importante … pour moi aussi. Tout comme mes enfants rendent ma vie belle, depuis que mon épouse est au Paradis Solaire. Ils m’apportent un tel bonheur, si vous saviez. Marie-Catherine est une petite fille intelligente du haut de ses 3 printemps, mais très friponne. Et Johan, lui a 1 an. Il a les yeux saphir de sa mère. Et puis, dernièrement, j’ai retrouvé une sœur, Emilie. Alors je comprends tout à fait votre sentiment pour votre sœur. Elle m’a l’air bien adorable d’ailleurs, à ce que j’ai pu voir. »

Il ne souhaitait pas parler de son autre sœur, Kay. Elle était son opposé et s’était abandonnée au coté obscur à écouter le Sans-Nom. Il avait déjà essayé de la ramener sur le droit cheminn celui de la Vrai Foi, mais celle-ci se complaisait à faire le mal. Ce qu’elle devenait l’effrayait, surtout avec ce qu’il apprit dernièrement. Elle était devenue une sorcière spécialiste en poison, n’hésitant pas à brigander des prélats. Rien que d’y penser, Jake senti un frisson parcourir l’échine. Elle ne lui donnait plus signe de vie, ne lui écrivait plus alors il essayait de ne pas y penser gardant en mémoire les bons moments qu’il avait vécu à ses côtés.

Il gardait sa main dans la sienne alors qu’il lui parlait, Lily ferma les yeux un petit moment, puis rouvrit les yeux. Jake se disait peut-être qu’il faudrait la laisser se reposer. Devait-il lui faire mâcher les graines de pavot ? Et en tournant la tête vers la table de chevet, il remarqua la tasse oubliée.

« Oh, j’allais oublier, je vous ai préparé une tisane à la menthe. Je ne sais pas trop ce que vous aimez alors je me suis dis que … enfin … moi j’adore … alors … peut-être que … vous … »

Sa présence était si apaisante et ce sentiment qu’il avait ressenti dès le premier regard revient réchauffer son cœur. Il en bafouillait ses mots. Et puis, il entendit une douce voix familière dans le dos. Léger sursaut tout en tourna la tête vers sa fille chérie. Et Lily la salua à son tour. Les prunelles azurs de Jake s’illuminèrent aussitôt à voir sa fille.

« Oh Marie … tu m’as surpris. Tu ne déranges pas ma fille chérie. » dit-il en flattant sa douce chevelure blonde avec tendresse. « Viens faire un bisou à Lily. Tu sais, c’est la charmante demoiselle qui m’a donné ceci. » dit-il en prenant le pendentif en main. Il tourna la tête vers sa patiente et lui dit « Lily, je vous présente Marie-Catherine, ma petite friponne. »

Une fois le bisou donné, Jake enchaîna « Alors prête pour le couvent ma friponne ? Tu verras, tu vas apprendre des tas de choses avec les nones. Elles vont te raconter des histoires parlant de Dieu et des anges qui veillent sur nous. »

Il savait que cela devait être très dur pour sa fille, mais elle était forte. Il avait tout de même un pincement au cœur à la voir partir. Il lâcha un instant la main de Lily pour prendre sa fille sur ses genoux, la serrant dans ses bras et lui fit de gros poutous sur ses joues toutes roses.

« Je t’aime Marie. » lui dit-il tendrement d’une voix paternelle.


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Marianne

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MessageSujet: Re: Carnet de route   Lun 20 Sep - 11:07



[ Chambre de Lily ]

La jeune femme allongée était très jolie, comme ma tatie. Papa et elle discutait mais je ne comprenais pas trop de quoi. Alors j'écoutais discrètement sans vraiment faire attention. Quand soudain je comprit que la dame s'adressait à moi. D'une petite voix toujours aussi timide je lui répondit à mon tour :

- "Bonjour Madame..." Elle semblait bien triste malgré le sourire qu'elle affichait sur son visage.

Papa me parla à son tour, sa voix me rassurait énormément et fit que ma timidité s'évapora au fur et à mesure que le temps passait en leur présence.
Il me demanda de faire un bisou à Lily, j'en déduis que c'était la femme toute triste en face de lui. Je m'exécuta sans broncher. J'eus une petite douleur à la poitrine quand papa commença à me parler du couvent...des nones... Un petit soupire se fit entendre, j'avais vraiment pas envie d'y aller mais je savais que je le devais.

- " Ma malle est faite.. Madeleine m'a déjà expliqué que je ne devais pas faire de bêtises et que je devais écouter ainsi que leur obéir..." Je sentais que papa était aussi triste que moi que je parte. Il me prit sur ses genoux pour une étreinte des plus rassurantes. Mes petits bras le serra très fort, et quand il me murmura qu'il m'aimait je ne pu retenir une larme qui vint atterrir sur ma joue. A mon tour de ma petite voix toute tremblante je lui répondis : " Je t'aime aussi mon papa adoré ".

Ne voulant pas pleurer devant la dame qui semblait triste. Je porte mon attention sur elle et commence à la questionner.

- " Tu as l'air bien triste madame... C'est mon papa qui te rend triste comme ca? pourtant tu sais mon papa il m'a dit qu'il t'aimait beaucoup... Il me l'a dit quand on était au manoir. " J'ouvrais grand mes bras pour tenter de quantifier l'amour que mon papa éprouvait pour elle, mais je ne savais pas si elle me comprendrait.


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MessageSujet: Re: Carnet de route   Lun 20 Sep - 11:10



La brune écoutait attendrie père et fille deviser ensemble. L'espace d'un instant, elle en oublia presque ses douleurs, comme si celles ci s'étaient mises en sommeil pour mieux apprécier l'image qu'ils renvoyaient tous deux.

L'angelot blond l'avait salué d'une bise légère sur la joue, comme l'aurait fait un moineau tombé du nid. Petite sensation au creux du ventre, au souvenir des enfants de sa soeur, trop vite partis rejoindre le Très Haut.
Puis la petite demoiselle regarda à nouveau la jeune comtesse et parla ave cette franchise innée chez les enfants.

Lily ne put réprimer un sourire amusé à ses paroles, tout en sentant une légère chaleur au niveau des joues.
Son regard chercha celui de Jake pendant une seconde avant de se reporter sur ceux de Marie.
Elle tendit doucement le bras et lui effleura la joue dans un geste amical et lui répondit

Ce n'est pas ton papa qui me rend triste, au contraire. Il m'aide à aller mieux.

Puis elle lui dit tout bas, sur le ton de la confidence

Tu as un papa merveilleux tu sais

Léger clin d'oeil de la brune, agrémenté de sa fidèle mimique mutine.
Elle masquait la crainte qui l'avait envahit depuis quelques minutes. Ce sentiment que quelque chose était arrivé.
Au fur et à mesure que les secondes passaient, cela ne faisait que s'accentuer.
Elle était tiraillée entre l'envie de sauter hors du lit, même par la fenêtre s'il le fallait, juste pour voir si le monde n'était pas en train de s'écrouler, si le ciel était toujours bleu, si le soleil se tenait toujours à sa place, si...
S'il allait bien.
Et en même temps, elle voulait se persuader que tout s'arrangerait, que rien de ce qui s'était passé ces dernières heures n'étaient vrais.


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MessageSujet: Re: Carnet de route   Lun 20 Sep - 11:13



[ Chambre de Lily ]

Marie semblait bien intimidée au départ, étrange d’ailleurs, elle qui était toujours aussi curieuse pour un sou. Jake écouta sa fille, attendrit. Il l’avait prit sur ses genoux pour lui faire un câlin avant son départ au couvent. Il était triste de devoir lui imposer cela mais il voulait le meilleur pour sa fille et l’éduquer dans les croyances aristotéliciennes cher à son cœur, comme lui-même l’avait été par ses parents.

Il ne voulait pas que sa fille suive les pas de sa mère, la première épouse de Jake. Sand avait été excommuniée par l’EA, ce qui avait dissous leur mariage. Elle cachait en elle d’autres croyances pour une religion d’origine indienne : le bouddhisme. L’annulation de mariage ne l’avait pas empêché d’enlever Marie pour l’éduquer elle-même. Pendant un an et demi, Jake n’avait pas pu voir grandir sa fille. Tous les jours, il avait vécu avec la douleur de ne pas pouvoir la voir et le maigre espoir de la revoir. Il avait pensé tous les jours à elle, déchiré comme si on avait lui avait prit une partie de lui, de son cœur … Et c’est seulement quand il apprit le décès de Sand, que la gouvernante Pétronille est venue le retrouver avec sa fille dans la belle ville de Mimizan-les-Bains. Sehanne l’avait de suite adoptée. La mère avait été justement jetée dans la fosse commune du cimetière de Poitiers comme une simple indigente. Etrange coïncidence que la famille y réside à présent.

Il avait demandé à sa fille de donner une bise à Lily. Pourquoi ? Pour lui montrer que la vie est belle. Un bisou, un sourire d’un enfant pouvait réchauffer le cœur le plus meurtri. Il le savait par expérience. Le décès de Sehanne fût un choc terrible pour lui dont il restait encore quelques séquelles. Il lui arrivait parfois encore d’avoir les larmes aux yeux en pensant à elle, en évoquant un souvenir. Ce qui le faisait tenir, c’était ses enfants, et depuis peu, sa sœur Emilie.

Madeleine était bienveillante avec elle et il savait qu’elle serait douce, plus qu’Isabeau qui était l’autorité incarnée. C’était la première fois depuis son retour dans sa vie qu’il s’en séparait, hormis ses propres voyages. Mais là, c’était différent. Allez savoir pourquoi ? Ses petits bras l’enlacent pour une dernière étreinte avant son départ. Il avait exprimé ses sentiments. Il aimait tellement sa petite fille, sa friponne qu’il versa un larme. Jake avait le cœur serré et lui dit alors pour la réconforter.

« Tu ne seras pas seule au couvent. Tatie jolie va bientôt venir te rejoindre et vous pourrez faire des bêtises à deux. »

Petit clin d’œil à sa fille, avec un sourire amusé. Oh oui, il connaissait sa sœur et quand elle était avec sa fille, elles étaient tellement complice à faire les quatre cent coup au manoir. La vie était vraiment mouvementée là bas, et ce n’est pas tout les jours facile pour l’érudit qu’il était d’étudier la médecine ou l’astronomie, dans cette ambiance plutôt folklorique. Mais il aimait tout de même, ça mettait de la vie au manoir d’entendre les rires et les cris des enfants jouer.

Marie se tourna alors vers Lily et s’approcha d’elle parlant en tout franchise. Elle avait sentit de la tristesse dans les yeux de la comtesse. Les enfants étaient de vraies éponges à cet age là à ressentir les sentiments des grandes gens. Elle lui demandait si c’était son père qui la rendait triste. Et puis, elle dévoila son secret en confiant à Lily que son père l’aimait beaucoup. Elle ajouta les gestes à ses paroles, en quantifiant son amour pour elle, tendant ses petites bras, un peu comme le pêcheur qui montrait avec ses bras la taille de sa plus grosse prise. Et encore là, pas la peine d’essayer de noyer le poisson.

Réaction qu’il ne pouvait réprimer, ses joues s’empourprèrent, devenant rouge coquelicot. Il croisa le regard de Lily un instant, puis baissa aussitôt les yeux timide, le regard fuyant pour finir par se poser sur sa fille. Et tandis que Lily répondait à Marie, il cherchait à reprendre contenance mais il avait bien du mal. Tout ce qu’il arriva à dire, c’est

« Mais … mais … Mariiiieee ! »

Oh oui, là il était bien embarrassé. L’art et la manière de mettre les pieds dans le plat. Et évidement comme la vérité sort toujours de la bouche des enfants, il aurait bien du mal à nier. Au moins, une chose qui le réconfortait, c’était les paroles de Lily. La brune murmura même quelques mots à la blondinette, à peine perceptible pour lui.

Il ne l’avait pas surnommé friponne pour rien. Il se souvenait encore d’une scène où il avait été bien embarrassé. Emilie, Marie et Jake étaient à l’auberge à discuter ensemble et prendre le goûter dégustant une bonne tarte aux pommes, quand ils en viennent à discuter de la course de natation qu’il voulait organiser pour les pictaviens. Jake avait bien sur évoqué le fait qu’il ne savait pas nager. Et Marie dit alors sur un ton autoritaire : - Quand on veut, on peut Papa ! Jake était resté bouchée bée.

Lorsqu’il revient à lui, il posa son regard sur Lily. Il senti quelque chose dans son regard, comme torturée par quelque chose, un pressentiment qui l’effrayait. Jake prit alors une voix douce et rassurante.

« Lily, ça ne va pas ? S’il y a quoique ce soit que je puisse faire pour vous, dites-le je vous prie et je le ferai … »

Tournant ensuite la tête vers sa fille, il lui déposa un doux baiser sur son front et l’enlaça une dernière fois.

« Allez ! Va-y ma fille chérie, va vite rejoindre Madeleine, elle doit s’impatienter maintenant. »

Il était toujours tiraillé à la voir s’en aller, mais il le fallait, c’était pour son bien. Il avait les larmes aux yeux à son tour à la voir disparaître même si ce n’était que pour deux semaines.


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Marianne

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MessageSujet: Re: Carnet de route   Lun 20 Sep - 11:15



[ Chambre de Malou ]

Ze m’amusais avec la dame, ze jouais avec son nez et la dame faisait le bruit des mousses. Z’aime pas les mousses moi, ça satouille. Je rigole parce que la dame est amusante. Elle recommence à me parler et je ne comprends pas grand soze de ce qu’elle me dit.

Johan avait le trait du visage de son père, et les cheveux blonds et les yeux saphir de sa mère. Il avait parfois cette mimique si particulière que sa mère faisait quand elle se concentrait dans sa peinture. Elle tirait la langue. Johan le faisait aussi quand il se concentrait.

- Vi, Papa Zake, où qu’il est ?

Il s’était blotti contre elle sentant cette douceur et la tendresse maternelle qui lui manquait tellement. Il y avait un vide dans la vie du petit Johan, l’amour d’une mère.

La dame est zentille avec moi et elle me serre dans ses bras. Ze lui sourit et la regarde encore en rigolant, faisant des bulles avec mes salives.

Et aux paroles de Malou, le bébé hoche la tête. Il resterait avec elle jusqu’à ce qu’on vienne le chercher.

- Z’ai soif …


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MessageSujet: Re: Carnet de route   Lun 20 Sep - 11:17



[ Dans la salle commune ]

Elle écoutait Marie-Louise évoquer le fait que cela pouvait être la varicelle. Isabeau pensait alors « pauvre boutchou ». La préceptrice avait eu un pincement au cœur à voir Marie-Catherine se gratter tout le temps. Heureusement, Jake avait eu le bon remède pour calmer les démangeaisons de la gamine.

Mais en attendant, le fiston s’était volatilisé ? Il avait beau être un petit ange, il ne pouvait tout de même pas disparaître ainsi. Et pourtant si … et Isabeau était de plus en plus inquiète. Marie-Louise, l’aida en faisant le guet et lui proposant d’aller avoir à la cuisine.

Seulement à ce moment là, c’est Marie-Catherine qui vient saluer la soubrette, lui tirant la jupe pour attirer son attention. Et la friponne, comme à son habitude, mit bien Marie-Louise dans l’embarras. Isabeau s’approcha de l’entrée et regarda par la fenêtre pour remarquer la voiture, ainsi que la nourrice Madeleine discuter avec le cocher.

- Rahlàlà, tu te fais toujours avoir Marie-Louise. Madeleine est dehors … bon, je file voir à la cuisine.

Elle rejoint la soubrette lui adressant un sourire malicieux, puis se rendit à la cuisine, ouvrant la porte, faisant le tour de la table de travail, mais pas de trace de la présence de Johan et revient dans la salle commune, le regard vraiment inquiet.

- Il n’est pas à la cuisine … mais où peut-il bien être alors ?


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MessageSujet: Re: Carnet de route   Lun 20 Sep - 11:21

[Chambre de Malou]

Marianne était vraiment conquise par ce petit être qui se serait tout contre-elle. Même la douleur lui semblait supportable à cet instant et des souvenirs emplissaient sa teste sentant la douce chaleur de l'enfant tout contre elle. Il lui semblait revenir quelques années en arrières et que c'était Nathan qu'elle tenait ainsi dans ses bras tout en lui chantonnant des chansons apprises dans son enfance par sa mère...Une surtout lui revînt alors en mémoire. Elle lui fredonna de sa voix douce et maternelle tout bas en le serrant contre elle.

Un angelo è venuto la sera
averci dato una piccola speranza
Un bambino affascinante è nato
e tu sei il mio tesoro

Siate buoni tesoro
Mamma è con te
Ha sempre garantire
Veglia sul tuo caro angioletto

L'amore di una madre per suo figlio
è incondizionata e sempre presente
sarà sempre lì a Rock You
le braccia e coccolarVi

Dormi mio piccolo angelo
riposa in pace nel tuo presepe
Mamma è con te
anche se non si vede lei è sempre lì



[Traduction ]

Un ange est venu dans le soir
nous apportant un peu d'espoir
Un charmant bambin est né
et c'est toi mon enfant chéri

Sois sage mon chéri
Maman est près de toi
Toujours elle veillera
sur ton sommeil petit ange chéri

L'amour d'une mère pour son enfant
est inconditionnel et toujours présent
elle sera toujours là pour te bercer
et des ses bras te cajoler

Dors mon petit ange
repose en paix dans ton berceau
Maman est près de toi
même si tu ne la vois point elle est toujours là

Le petit était tout calme contre elle puis il la fit sortir un peu de sa douce rêverie au moment où il lui dit avoir soif. Il lui restait encore un peu de jus fruit et elle lui en fit boire un peu en maintenant le linge sous son petit menton pour ne point qu'il salisse Ces jolis vêtements tout propre.

Il lui sembla voir une petite teste blonde passé dans le couloir juste devant sa chambre une toute petite fille qui ne devait point être plus âgée que le bambin près d'elle. Décidément c'était la journée surprise des petits anges aujourd'hui...

Elle souhaitait presque que celle-ci ne prenne point fin tellement elle aimait sentir cette douce présence à ses côtés.

- Ton papa je crois est dans l'autre chambre là-bas avec une autre dame malade je crois mais il vaut mieux attendre que l'on vienne pour te prendre. J'aime bien moi t'avoir près de moi mon petit rayon de soleil. Ce que tu es mignon lorsque tu me souris ainsi cher ange...

Elle lui sourit et lui donne un baiser sur son petit front tout satiné...

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MessageSujet: Re: Carnet de route   Lun 20 Sep - 11:25




[ Chambre de Lily ]

Après l’étreinte échangée avec mon papa, il me dit que Tatie jolie allait bientôt me rejoindre au couvent. Ah ça c’est chouette, je vais pouvoir embêter les nones avec elle. On va bien rire toutes les deux. Mais je ne le dis pas à Papa.

J’avais montré à Lily tout l’amour qu’avait mon Papa pour elle. Et je vis qu’ils devenaient tout rouge tous les deux. Et Papa qui me regarda avec des yeux ronds. Il me fait rigoler mon papounet. Quand à la dame, elle me répondit que ce n’était pas lui qui la rendait triste et qu’il l’aidait à aller mieux.

- "Ah beh oui ! Papa, il est toujours gentil, sauf quand il me gronde parce que j’ai fait une bêtise. "

Et puis, Lily s’approcha pour me parler à voix basse sur le ton de la confidence pour me dire que mon Papa était merveilleux. J’affiche un grand sourire aux lèvres et acquiesce de la tête en lui faisant un clin d’œil complice. La dame en fit autant et me fit un sourire malicieux.

Papa disait qu’il était temps de partir. Je me retourne et je viens me blottir tout contre lui, je l’enlace fort fort dans mes petits bras. Ensuite, je me tourne vers Lily qui était toujours triste et je viens l’enlacer à son tour, lui déposant une dernière bise sur la joue et je lui chuchote à l’oreille.

- "Ne soit pas triste. Je vais prier pour toi ! Prend soin de mon Papa."

Ensuite, j’embrasse mon papa et je me dirige vers la porte. Je l’ouvre et je me tourne une dernière fois, et je fais une petite révérence pour Lily, manquant presque de tomber mais je me rattrape de justesse, poussant un petit rire enfantin. Je referme la porte derrière moi, devant me mettre sur la pointe de mes pieds pour atteindre la clenche. Roh, il faut que je grandisse encore moi.

Je descends les escaliers, embrasse Marie-Louise et Isabeau pour finir par rejoindre Madeleine à la sortie. J’étais triste mais de savoir que je ne serai pas seule au couvent me rassura toute de même. J’entre dans le carrosse avec Madeleine, je m’assieds sur le fauteuil posant mon menton sur mes petits bras, les mirettes azurs portés sur la fenêtre de la chambre Lily, avec une pensée pour mon papa adoré et la demoiselle triste …

La voiture prit ainsi la route vers le couvent où de nouvelles aventures m’attendaient et des bêtises aussi …

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MessageSujet: Re: Carnet de route   Lun 20 Sep - 11:28



[ Chambre de Lily ]

Ce n’est qu’un au revoir … tel était l’atmosphère qui régnait dans la pièce chaleureuse. Il y avait aussi une autre atmosphère présente, plus pesante ... celui de la tristesse. Quelque chose était arrivé, un malheur. C’était ce qu’avait ressenti Lily. Et Jake, lui, bien qu’il ne l’avait pas senti pouvait lire l’inquiétude sur le visage de la brune. Même, Marie-Catherine l’avait remarqué, seulement elle devait partir.

Alors elle fit un câlin à son père, puis à Lily, lui chuchotant quelques mots à l’oreille, sûrement des trucs de filles pensait Jake. Elle se dirigea ensuite vers la sortie d’une pas lourd. Elle fit alors une petite révérence un peu maladroite pour les saluer, comme elle l’avait déjà fait devant la Comtesse Icie quand il était arrivé en Poitou. C’est depuis ce jour que sa fille avait craqué sur les biscuits aux amandes. Et depuis, elle en redemandait. Jake avait même demandé la recette à son amie Icie pour contenter sa blondinette. Ce que femme veut, Aristote le veut aussi … Eh bien, cela s’appliquait aussi à Marie. Quand elle voulait quelque chose, elle savait s’y prendre pour arriver à ses fins la friponne.

Une fois que Marie-Catherine ferma la porte. Jake resta un instant à la regarder, avec un pincement au cœur, puis tourna la tête vers Lily. Elle n’avait pas encore répondu à sa proposition. Il tenait vraiment à l’aider. Lily se redressa doucement, pensive, en pleine réflexion. Jake la fixa attendant sa réponse, puis se leva et se dirigea vers la fenêtre de la chambre, il vit alors sa fillette monter dans la voiture et celle-ci démarrer.

Il reprit place ensuite sur la chaise, restant près d’elle. Elle baissa les yeux légèrement. Sa voix était emplie de tristesse, et d’une grande inquiétude pour l’homme qu’elle devait sûrement aimer. Elle lui parlait d’un certain Maelchon. Jake en déduit que cela devait être le blond qui l’avait ramener et embrasser avant de partir. C’est vrai qu’il n’était pas au meilleur de sa forme cet homme.

Elle releva ses émeraudes croisant les azurs de Jake pour laisser le silence planer entre eux. Jake vient alors poser sa main sur la sienne pour la rassurer. Il la sert pour lui donner du courage. Elle lui avoua sa crainte, qu’il soit arrivé malheur Maelchon. Jake rétorqua de suite d’une voix réconfortante.

« C’est bien le blondinet à la longue chevelure ? Je vais demander à ce qu’on retrouve cet homme et je le soignerai. Avez-vous un indice où le retrouver ? J’enverrai mon capitaine Boniface à sa recherche. »

Il ne cherche pas à savoir, ni même à comprendre. Tout ce qui comptait pour lui était de rendre heureuse Lily, quoi qu’il advienne … mais surtout, il ne pouvait pas laisser un homme mourrant peu importe qui il est. Tel était ses convictions liées au serment d’Hippocrate.


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MessageSujet: Re: Carnet de route   Lun 20 Sep - 11:41



[ Chambre de Malou ]

Johan était blottit tout contre Malou. Il se laissait bercé dans les bras de cette dame inconnue pour lui mais si douce et chaleureuse à la fois. Elle lui fredonna une chanson douce, tel les comptines que l’on chantaient aux enfants pour s’endormir, seulement Marianne la chanta en italien ce qui ajoutait une note poétique et chantante à le chanson, plus mélodieuse. La voix maternelle de la demoiselle était apaisante pour le bébé.

Il ne bougeait plus, il n’avait plus envie de bouger d’ailleurs. Il était trop bien contre Malou et il aurait bien du mal à s’en séparer à présent. Et quand elle finit de chanter, le bambin avait relevé la tête pour lui dire qu’il avait soif. Il s’était redressé alors qu’elle lui faisait goûter au jus d’orange de son verre tout en mettant un linge en dessous de son menton.

Sa sœur passa dans la salle voisine, et le bébé l’aperçu à la porte entrebâillée. Et alors il montra du doigt l’entrée à Malou pour dire. - Ma iiie !

Ensuite, le petit ange écoutait attentivement les paroles de Marianne. Il ne comprenait pas vraiment ce qu’elle lui racontait mais sa voix était toujours aussi douce. Elle lui donne alors un doux baiser sur son front. Johan poussa un rire enfantin et vient se blottir contre Malou. Lui aussi voulait rester jusqu’à ce qu’on vienne le prendre.

- Encoe sanson ! disait Johan qui espérait encore entendre la douce voix de Malou.


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MessageSujet: Re: Carnet de route   Lun 20 Sep - 11:44

Marianne était heureuse en ce moment sentir la chaleur du petit corps de Johan tout près du sien était le meilleur remède à ces mots en ce moment. Même si elle fatiguait un peu cela ne la dérangeait nullement d'en prendre un soin attentif. Ce cher ange devait beaucoup manquer de cette tendresse maternelle en ce moment et elle en avait beaucoup à donner...Puis il lui montra du doigt la porte entrebâillée en disant le nom de Marie enfin c,est ce qu'elle cru entendre.

- Marie c'est ta grande sœur il me semble bien avoir entendu ton père mentionner ce nom. Tu veux une autre chanson mon petit cœur attend que je souvienne un peu de celles que je fredonnais avant à mes petits...

Elle recommença à fredonner une autre chanson en italien langue de sa jeunesse du côté de sa mère. Surement que le petit ne comprendrait point les mots mais il semblait aimé sa voix douce et apaisant car il se lovait tout contre elle et ne bougeait plus.

Ogni bambino piccolo non capivo
Si tratta di una mamma nella nostra vita
Io ero ancora troppo piccola
Quando la mamma mi ha detto che non tornerà

Una madre, una madre amata
Una madre è tutta la nostra vita.
Oh Oh Little mamma mi manchi
Tu che hai sempre capito
Sono cresciuta un po 'e ripenso al tempo
quando mi hai nutrito, canticchiando
mamma come hai amato me.

Una madre è in corso la più costosa
Una madre è in corso la più costosa

piccolo raggio di sole che illumina la mia vita ora
se potesse rimanere così per sempre
Ma non è un giorno crescere
e si va molto lontano da me
Verrà un giorno troppo presto mi sento
La libertà e l'avventura si chiama
Non dimenticate mai, però
a casa è in attesa


Tout petit enfant je n'ai pas bien compris
ce qu'une maman fait dans nostre vie
J'étais encore trop petit
Lorsqu'on m'annonça que maman ne reviendrait pas

Une mère, une maman chérie
Une mère c'est toute nostre vie.
Oh! Oh! Petite maman de toi je m'ennuie
Toi qui en tout temps aurait bien compris
J'ai un peu grandit et je repense au temps
quand tu me berçais tout en chantonnant
maman comme tu m'aimais.

Une mère c'est l'être le plus cher
Une mère c'est l'être le plus cher

Petit rayon de soleil toi qui illumine ma vie
si tu pouvais à jamais rester ainsi
Mais c'est impossible un jour tu grandiras
et tu partira très loin de moi
Un jour viendra trop vite je le sens
La liberté et l'aventure t'appelleront
N'oublie jamais pourtant
qu'à la maison on t'attend

Une fois la chanson terminée elle avait les yeux humide légèrement car celle-ci lui rappelait des souvenirs. Autant lorsqu'elle était enfant à la maison près de père et mère ais aussi les courts instants qu'elle avait vécu avec ses petits anges. Elle caressait la teste du bambin tout doucement avec un si grande délicatesse que c'était à peine perceptible.

Puis elle se remit à penser à son cheminement jusqu'à présent. Un présence à ses côtés lui manquait cruellement mais jamais elle n'oserait le lui dire. N'ayant point eu de ses nouvelles depuis fort longtemps elle espérait guérir très vite pour savoir comment il était. C'est qu'il lui manquait son cher et tendre Gustave. Si tout allait bien et qu'ils finissaient tous les deux par s'unir peut-être que le Très-Haut dans sa grande bonté lui redonnerait à nouveau un petit être comme Johan à cajoler et à presser contre son cœur qui sait...

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MessageSujet: Re: Carnet de route   Lun 20 Sep - 11:51



[ Chambre de Lily ]

Les yeux dans le vague, Lily était pensive, perturbée. Sans doute cherchait-elle la meilleure solution pour sauver son compagnon. Jake lui avait proposé d’envoyer son capitaine Boniface, son plus fidèle ami. Combien de fois, l’avait-il sorti de situation bien épineuse ? Le Colosse ne l’avait jamais lâché. Veuf de son Augustine, il avait soutenu Jake à la perte de Sehanne. Plus que tout autre, il avait comprit la peine de son ami, son Seigneur. Aujourd’hui, le Colosse vivait les prémisses d’une idylle avec la belle Isabeau, la préceptrice.

Henri et les deux enfants avaient alors fait irruption dans la chambre. Surpris, Jake avait lâché la main de Lily mais celle-ci l’avait reprise aussitôt. La brune posa son regard sur lui, il lui avait demandé s’il devait se retirer, mais sa main serra la sienne doucement, petit signe pour lui demander de rester auprès d’elle, de pouvoir garder sa main dans laquelle elle puisait sa force. Elle accentua la pression de main par un sourire aux lèvres. Il n’y avait plus de doute, elle voulait qu’il soit à ses côtés. Alors Jake lui répondit à son tour pressant sa main légèrement, la caressant de son pouce. Cette tendresse était soutenue d’un sourire qui se voulait rassurant qui voulait dire je ne te lâcherai pas …

Elle ajouta des paroles aux gestes avec un regard suppliant mais il serait là pour elle, tant qu’elle le désire. Jake hocha doucement la tête, signe d’une réponse positive, la laissant à présent répondre aux trois personnes venues donner des nouvelles de Maelchon. Jake les écoutait à son tour discrètement, restant observateur de la scène. Le jeune garçon avait des choses à dire, très importante apparemment.

Le pauvre était tout penaud, les yeux rivés sur ses petons, comme un enfant ayant été prit en faute, comme quand sa fille Marie-Catherine se faisant gronder par Isabeau. Jake craignait déjà le pire. Les mots du jeune garçon révéla bien son ressenti. S’il comprenait bien son grand père et lui avait frappé Maelchon, qui était déjà blessé. Il sentait déjà le mal-être chez Lily. Il pressa sa main pour lui donner du courage, alors que le garçon pleura à chaudes larmes, rempli de regrets.

Lily semblait paniquée, voir même terrorisée par ce que Mériadec racontait. Elle se leva du lit. Jake l’aida en lui tenant la main passant l’autre derrière son dos pour la pousser délicatement. La brune volait au secours de gamin triste Elle s’agenouilla devant lui, le prenant dans ses bras pour le réconforter. Pauvre garçon pensait Jake. Lily essuyait ses larmes d’un revers de la main puis lui servit une coupe d’eau de la carafe posé sur la table de chevet.

Son regard vient alors chercher celui de son médecin. L’angoisse envahissait tout son être et venait ombragé ses jolies prunelles émeraude. Jake senti par ce regard qu’elle cherchait son approbation pour partir à la recherche de Maelchon. N’y pense même pas ! voulait-il lui dire mais il ne pouvait pas … car il ne pourrait empêcher une femme amoureuse d’au moins tenter de sauver l’homme qu’elle aime. Il ne voulait pas qu’elle vive dans le remord, comme lui. Lui qui n’avait pas su sauver son épouse d’une morte certaine, elle-même empoisonnée par la sorcière. Pour ça qu’il était devenu médecin afin que cela ne se reproduise plus jamais.

Son garde du corps Henri prit alors la parole à voix basse, confiant quelques mots à sa maîtresse. Le garçon mentait-il ? Comment cela était-ce possible ? Il ne voyait pas que les larmes du garçon étaient sincères ? A moins qu’il soit comédien mais vraiment bon comédien alors.

Il lui donna une dague, les restes d’un bâton et un parchemin tout chiffonné. Les prunelles de la comtesse étaient rivées sur le velin et au fur et à mesure de sa lecture, son visage devient pâle. Que se passait-il encore ? pensait Jake. Aurait-il un jour le fin mot de cette histoire ? En tout cas, cela n’allait rien arranger à la situation. Elle enfila la dague à sa ceinture, se tournant vers lui, et le pire sorti de sa bouche. Jake fit une petite moue boudeuse à ses paroles.

« Quoi ? Mais … vous n’êtes pas en état de partir ! Il faut changer votre bandage régulièrement ! »

Elle s’approcha de lui prenant ses deux main dans les siennes, plongeants son regard suppliant dans le sien. Elle lui demandait de ne pas lui en vouloir, ajoutant qu’elle reviendrait au plus vite. Mais dans cet état ce n’était pas souhaitable pour sa santé. Et il ne se pardonnerait pas si elle lui arrivait malheur. Jake baissa les yeux, empli d’une profonde tristesse.

« Bien … » disait-il d’une voix morne. Après tout, à sa place, il aurait fait la même chose. Malgré tout, il ne pouvait pas s’empêcher de s’angoisser pour sa patiente, qui était devenue plus qu’une patiente … « Mais à une condition … » avait-il ajouté venant d’avoir une idée lumineuse. « Que vous acceptiez la présence de Marie-Louise à vos côtés durant votre voyage. Elle prendra soin de vous et changera les bandages. Considéré là comme votre dame de compagnie … »

En espérant que Marie-Louise ne voie pas trop de sang sinon elle risquait fort bien de tomber encore dans les vaps. Lily lâcha ses mains à son grand regret. Il aimait son contact, sa douceur …

Lily se tourna vers Mériadec pour reprendre sa conversation avec lui. Jake se leva alors et attrapa sa besace de médecin. Il en sorti en coffret où était rangé diverses pierres précieuses utilisée en lithothérapie. Il sorti une chaîne et y enfila un diamant.

Il s’accola à elle, à son dos … sentant son cœur cogné violemment dans sa poitrine que suscitait ce rapprochement. Il glissa la chaîne autour de son cou, y laissant pendre le précieux pendentif. Il approche ses lèvres de son oreille pour lui murmurer quelques mots.

« Ne refusez pas je vous prie … le diamant vous aidera dans votre guérison et empêchera vos mauvais rêves … gardez-le toujours sur vous et il vous protègera … »

C’était une infime partie des vertus de cette pierre magnifique, tout comme la demoiselle qui la portait. Selon Ste Hildegarde, le diamant cicatrise les blessures, lutte contre la fièvre et la folie, tempère les excès. Sa vertu et sa force sont telles qu’il étouffe le mal et la méchanceté. Il empêche les mauvais rêves, chasse les fantômes, empêche de se casser les membres. Il est symbole de pureté et de paix et attire le bonheur. Enfin, le diamant, suivant son nom en grec « adamas » rend invincible et empêche la corruption.

Une pierre pure pour une femme pure, voilà le cadeau que lui offrait Jake … Il aurait voulu lui offrir plus tard mais les circonstances l’avaient poussé à lui donner plus tôt. Il recula ensuite mettant fin à ce doux rapprochement, et rangea son coffret de bois dans sa besace à coté des fioles, pots et instruments de « torture. » ou plutôt de chirurgie.

Il laissa à présent Lily reprendre son attention aux paroles du jeune homme, reprenant sa place sur la chaise, en retrait mais toujours là, si elle le désirait.


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MessageSujet: Re: Carnet de route   Lun 20 Sep - 11:53




[ Chambre de Malou ]

Le petit Johan était toujours blottit contre Marianne. Il adorait ce contact maternel qui l’enchantait de plus en plus. Et puis, la douce tonalité de la dame lui faisait du bien. Lui qui n’avait plus de maman, il sentait la chaleur et l’amour d’une mère, même si Malou ne l’était pas. Il voulait encore l’entendre chanter pour se laisser bercer par une nouvelle comptine. Il ne comprenait pas les mots mais peu importe. Ce n’était pas les mots qui comptait mais l’intonation de la voix, les sentiments qu’elle dégage.

Il était lové tout contre elle, fermant ses petits yeux, se laissant enivré par son parfum, sa chaleur, s’envolant sur un nuage de douceur. Il s’endormit ainsi pour rejoindre les anges et jouer avec eux. Il ne dit plus un mot et le chéribun se repose du sommeil du juste et de l’innocence.

Le pauvre avait perdu sa maman bien trop tôt, le douce et belle Sehanne s’était envolée vers les cieux à peine un mois après sa naissance. Il n’en aurait même pas le souvenir de sa maman mais un jour son Papa lui parlerait de sa maman, quand il serait en âge de comprendre. Il lui raconterait la femme merveilleuse, généreuse et pieuse qu’était la perle Sehanne.

Un jour qui sait, Johan trouverait peut-être une nouvelle maman pour le choyer et lui donner tous son amour …


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MessageSujet: Re: Carnet de route   Lun 20 Sep - 11:54

Marianne sentit que le petit glissait lentement au pays des rêves mais continua à fredonner encore un petit moment afin qu'il repose paisiblement. Puis que pouvait-elle demander de plus, un cher petit ange qui s'endort ainsi tout près d'elle lui fit de nouveau repenser à ses chérubins qui étaient partis beaucoup trop rapidement à son goût. Mais elle ne pouvait rien faire contre la volonté du Tout-Puissant maître des destinées.

Ce cher ange qui repose tout contre son cœur en ce moment même, lui aussi avait du subir une grande perte même s'il en ignorait encore la valeur étant trop petit pour en comprendre la portée.

Marianne pencha de nouveau la teste pour effleurer de ses lèvres celle-ci. Aussi doux qu'un papillon cela ne risquait point de l'éveiller. Par l'ouverture de la porte, elle vit passé le garde de Lily et deux enfant qui le suivait. Elle se demandait bien ce qui pouvait se passer de l'autre côté de cette porte close en face de la sienne où s'étaient introduit tout ce monde.

Elle ne pouvait point se lever pour aller vérifier que tout allait bien se doutant que c'était la chambre où reposait sa sœur si elle avait bon souvenir. Avec sa blessure qui commençait à donner des signes de présences, le petit qui dormait et qu'elle n'aurait point voulu déranger pour rien au monde. Il lui fallait donc rester immobile ce qui était assez dur pour qui connaissait bien Marianne...

- Dors mon petit va danser avec les anges et t'amuser avec eux c'est un endroit merveilleux où hélas nous ne pouvons plus aller à nostre âge.

Elle espérait que personne ne serait réprimandé pour le petit car il devait surement y avoir une personne qui s'en occupait habituellement. Ils sont si vifs à cet âge il faut garder constamment les yeux sur eux car il partent à l'aventure dès qu'ils ont une opportunité qui se présente. Marianne sourit en voyant sur le visage du petit se dessiner un sourire pendant son sommeil. Surement qu'il était dans cet endroit réservé au petit anges pur comme lui...

Elle tenta de se positionner un peu mieux son coussin s'étant légèrement déplacé mais difficile à faire avec une seul main libre et dans son état plus encore. Elle y parvint tout de même malgré la douleur que cela lui causa. Elle avait des sueurs qui commençaient à perler sur son front et tenta de se changer le idées pour détournée légèrement ce malaise...

Elle se mit à penser à son tendre amour et à leur préparatifs de mariage qui avançaient lentement dû à leurs nombreux voyages. Elle espérait tout de-même que celui-ci se ferait bientôt. Mais hélas il avait encore une fois té repoussé dû à ce voyage-ci. De plus, elle n'avait plus de nouvelles de l'état de santé de son tendre depuis fort longtemps elle espérait qu'il soit entre aussi bonnes mains qu'elle-même ne l'était en ce moment et qu'il la retrouverait en meilleurs conditions. Il avait surement dû apprendre ce qui lui était arrivé lors de la dernière attaque. Elle ne voulait point lui causer plus de soucis qu'il en avait déjà. Il lui fallait lui aussi se remettre de ses blessures et il n'est jamais bien aisé de le faire sachant nostre aimé dans un état critique....

Le petit bougea légèrement dans son sommeil et la ramena au présent.

- Tout doux petit ange ne craint rien je suis toujours là ...dit-elle pour l'apaiser à nouveau de sa voix douce et chantante à l'accent du sud.

C'est ce qu'elle aimait le plus voir dormir les petits. Ils étaient si calme et leur doux traits naturels l'étaient encore plus au moment du repos de ceux-ci. Elle pouvait rester des heures ainsi à les regarder normalement sans se fatiguer mais aujourd'hui cela lui était difficile pour bien des raisons. Elle s'inquiétait pour tout le monde même pour ce petit ange qui reposait à ses côtés et qu'elle connaissait à peine. Elle avait rapidement ressentit en lui le manque de soin et d'amour maternelle, et, pour cause le charmant bambin n'avait plus sa mère près de lui pour le cajoler, le bercer et lui donner sa tendresse. Un jour viendra sans doute où se manque sera en quelque sorte comblé, elle le souhaitait de tout son cœur. Pour lui et pour son père qu'elle appréciait grandement pour le bien qu'il faisait autour de lui.

Il est vrai qu'elle le connaissait peu lui aussi mais son instinct ne pouvait point la tromper, c'était un homme juste, loyal et bon envers toutes personnes dans le besoin, elle avait pu bénéficier de ceci par elle-même et avec les soins prodigué à sa sœur aussi.

En pensant à elle justement Marianne se demandait ce qu'allait encore faire sa téméraire de Lily. Celle-ci ne savait rester en place trop longtemps, il lui fallait toujours de l'action. Bien souvent elle en payait le prix elle souhaitait bien souvent que celle-ci finisse par rencontrer une personne qui saura l'aimer assez pour la protéger de cette témérité justement. Elle avait besoin de liberté mais aussi un grand besoin d'être aimer tout simplement.

Elle adorait sa sœur et donnerait volontiers sa vie en échange de la sienne, elle aurait voulu toujours être là pour la protéger mais hélas cela n'était point toujours possible. Aussi souhaitait-elle que la personne qui l'aimera se charge de le faire pour elle lorsqu'il lui est impossible de le faire.

Elle en était là dans ses pensée lorsqu'elle cru entendre la porte de l'autre chambre s'ouvrir. Elle leva légèrement la teste mais ne pouvait point très bien voir de l'endroit où elle se trouvait... Était-ce le garde et les enfants qui repartaient elle n'aurait point su le dire...

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MessageSujet: Re: Carnet de route   Lun 20 Sep - 12:32



Lily regardait le petit, il avait l’air d’avoir vraiment peur, ce qui était compréhensible.
Alors qu’elle attendait une réponse de sa part, ou tout au moins un indice qui l’aiderait à retrouver Maelchon, Jake montrait bien par ses paroles qu’il n’était pas pour ce départ précipité.
La brune fit une légère moue, même si elle savait qu’il n’avait pas forcément tord.
Elle était encore blessée et il aurait fallut être folle pour risquer cette aventure.
Mais pour sauver Mael, elle était prête à tout.
Il avait en lui une part d’elle, comme elle avait une part de lui. Et s’il venait à disparaître, alors elle aussi.
Il avança alors une condition afin d’être certain que la jeune fille serait prudente. Il voulait que Marie Louise l’accompagne.
Elle avait beaucoup apprécié la soubrette et la trouvait vraiment adorable et serviable. Mais ce n’était pas sa place dans ce qui allait sans doute suivre.
La comtesse serait sans cesse à s’inquiéter qu’il ne lui arrive rien de mal et par cela elle risquait de se faire blesser ou même tuer.
De plus elle voulait qu’elle reste avec Jake et sa sœur. Malou allait sans doute devoir encore rester un moment pour guérir complètement et elle savait d’avance que la présence de Marie Louise serait bénéfique, tant la douceur de ses traites lui rappelaient ceux de sa sœur.
Sans nul doute qu’elle devait être aussi attentionnée qu’elle, et Malou aurait besoin de présence près d’elle.

Elle réfléchit tout de même quelques secondes à cette proposition, puis répondit

Jake… Merci vraiment pour cette proposition, mais je ne peux accepter. Cela sera trop dangereux sans doute pour elle, et je ne veux pas qu’il lui arrive quelque chose…
Je ne peux vraiment pas…


Regard qui se baisse puis elle se tourne à nouveau vers Mériadec, afin de ne pas lui laisser le temps d’insister. Cela aurait été trop difficile pour elle.
Alors qu’il allait de nouveau ouvrir la bouche, Lily sentit une présence dans son dos. Puis dans son cou glissa une chaîne portant en son bout un magnifique diamant.
Le jeune femme connaissait les vertus de cette pierre et en admirait également la beauté, surtout quand une infime particule de lumière venait en éclairer les facettes. On avait alors l’impression que le soleil s’y trouvait enfermé et produisait des étoiles.
D’une main elle effleura ce présent et ferma les yeux, puis tourna légèrement le visage pour regarder Jake.
Je vous remercie… Vraiment, c’est trop…

A ce moment là Mériadec reprit son récit et attira par cela l’attention de la brune à lui.
Elle fit volontairement abstraction de ce qu’avait fait ou pas Maelchon pour devenir la proie du vieux psychopathe, mais la dernière phrase lui arracha un frisson et elle dut se mordre les lèvres pour retenir un sanglot effrayé.
Non… Il n’allait pas mourir, c’était impossible. Maelchon ne pouvait pas disparaître.
Leur rencontre était peut être récente, mais durant ces derniers mois elle avait eut l’impression de renaître.
Il l’avait changé.
Ou plutôt il l’avait révélé. Avec lui elle se sentait vivante, elle-même. Sans masque, sans barrière, sans mensonge.
Une vérité lumineuse au fin fond de ses ténèbres.

Quand il eut finit le garçon se recroquevilla en pleurant, implorant de ne pas le frapper.
Pauvre petit, il avait dut avoir une vie terrible.

La jeune femme se baissa à nouveau et le serra encore dans ses bras

N’ai aucune crainte, personne ne te fera plus jamais de mal, tu as ma parole. Tu vas rester avec moi. Et tout s’arrangera.
Maintenant on va partir le retrouver. Tu vas me montrer la route.


Chose dites, chose faites.
Elle se redressa et demanda à Henri d’aller préparer deux montures. Une pour elle, et une pour son garde qui prendrait Mériadec avec lui, du moins jusqu’à la « maison ». Ensuite Henri devra rester à l’écart avec le gamin.
Elle ne voulait pas que le vieillard le voit et lui fasse du mal.

Puis quand ils eurent quitter la pièce, elle regarda Jake

Je vais partir dès ce soir. Ne dites rien s’il vous plait…
Je sais ce que vous en pensez et vous n’avez sans doute pas tord. Vous avez tant fait pour moi ces derniers jours, et pour ma sœur.
Je vous en serez à jamais reconnaissante.
Je reviendrai, je vous le promets….

Elle s’approcha, hésitante. Elle réussit à lui sourire à nouveau et sa main effleura sa joue, mais elle fit ensuite demi tour et quitta la chambre. C’était si difficile…

Maintenant elle devait retrouver celui qui faisait qu’elle vivait. Et le vieillard payerait pour ce qu’il avait fait.
Une fois un pied dehors, elle regarda le ciel qui s’était assombrit.
La lune était pleine et portait cet halo orangé qu’elle avait le soir de leur première rencontre.
Une main sur la dague à sa ceinture, elle murmura

J’arrive Mael… Tiens bon…

Puis elle grimpa sur Amistat qui était prête, claqua les talons et partie rapidement suivit de Henri et Mériadec….


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MessageSujet: Re: Carnet de route   Lun 20 Sep - 12:36



[ Chambre de Lily ]

Et il essuya un refus … Elle ne voulait pas que Marie-Louise l’accompagne pour lui prodiguer les soins nécessaires durant son voyage. Elle avança comme argument que ce serait trop dangereux pour elle … sans doute avait-elle raison. Mais si c’était dangereux pour sa soubrette, cela le serait tout autant pour Lily. Jake avait baissé les yeux un instant.

Il lui glissa tout de même le précieux pendentif arborant un joli diamant qui brillait de mille éclats sur sa poitrine à la lueur des bougies de la chambre. Jake avait les yeux tristes, rivés sur les émeraudes de Lily. Le verdict fut sans appel. Elle le remercia … mais ajouta tout de même que c’était de trop.

Jake recula, il ne disait plus un mot. Il s’inquiétait terriblement pour elle. Dans son état, il n’était pas pensable de s’en aller. Comment la retenir ? Le devait-il d’ailleurs ? Non, il ne pouvait pas lutter contre l’amour qu’elle portait en Maelchon. Soit ! Ainsi soit-il …

Le garçon reprit alors son histoire. Jake ne comprenait pas grand-chose à l’histoire que l’enfant racontait comme s’il lui manquait une partie de l’énigme. L’homme blond serait à l’article de la mort à cause de son grand-père. Etait-le l’ancien venu tout à l’heure voir la Lily ? Jake serra les poings. Il ne pouvait venir avec. D’autres responsabilités l’attendaient bientôt à la mairie de Poitiers mais aussi pour son projet, son rêve … Jake en conclu alors que Lily allait au devant d’un grand danger. Il commençait à mieux cerner la brune, Lily dict la Hardie. Tel était le surnom qu’il venait de lui donner en pensée. Elle consola encore l’enfant apeuré, le prenant une nouvelle fois dans ses bras ajoutant quelques paroles réconfortantes. Jake était admiratif par son courage, par sa détermination mais aussi par sa compassion.

Et voilà … les mots étaient dits et rien ne pouvait arrêter la valeureuse aventurière. Elle allait braver le danger et en découdre au nom de l’amour. Elle parla un instant à son garde du corps Henri afin qu’il prépare les chevaux. Henri, Gabriella et Mériadec quittèrent alors la chambre. Elle se retourna vers Jake. Il afficha un visage impassible, serrant les dents, mais le regard était toujours triste, avec une inquiétude grandissante.

Il ne dit plus un mot, la laissant parler ... chaque mot était douloureux à entendre mais il faudrait qu’il se fasse une raison. Elle connaissait ses pensées, mais pas toute … Le cœur serré, il lui répondit à voix basse … même si les mots étaient difficiles à prononcer.

« Allez-y Lily … Sauvez l’élu de votre cœur … Mais soyez prudente … Je veillerai sur votre sœur … »

Elle lui promit de revenir. Il l’espérait bien oui, elle devait quand même revenir chercher sa sœur. Son visage s’éclaira d’un sourire malgré l’anxiété qu’elle contenait. Sa main délicate vient lui effleuré la joue. Jake ne bougea pas laissant s’éloigner sa patiente …

Il se dirigea ensuite vers la fenêtre de la chambre où la pleine lune baignait de sa lumière la rue accompagnée par la lueur du crépuscule. Elle enfourcha sa jument Amistat et parti au galop avec son compagnon d’armes et le garçon derrière lui. Ainsi la vaillante guerrière partie sur la route pour de nouvelles aventures, afin de sauver l’homme qu’elle aime. Jake baissa la tête, tirant la tenture comme pour terminer un acte au théâtre … ou tourner la page afin de commencer l’écriture d’un nouveau chapitre.

Quittant la chambre, il referma la porte derrière lui, descendant lentement les marches de l’escalier, la tête baissée, mais à peine eu t’il le temps de fouler le sol de la salle commune, qu’Isabeau vient l’interpellé, inquiète de ne pas retrouver Johan.

Ainsi la vie continuait dans la capitale poitevine … même si pour lui, le temps s’était arrêté, quand Lily était partie … Il se faisait du mouron pour elle alors il allait prier chaque jour et attendre son retour …


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MessageSujet: Re: Carnet de route   Lun 20 Sep - 12:38




[ Salle commune ]

Isabeau laissait la soubrette accueillir les trois personnes qui étaient entré dans l’auberge. Le garde du corps Henri, une petite fille blonde et un jeune garçon qui semblait angoissé. Marie-Louise n’avait même pas eu le temps de les saluer qu’ils montèrent à l’étage à la chambre de la comtesse.

Après s’être laissée distraire par ces personnes, elle en revient à l’objet de son inquiétude, le petit Johan. Elle avait visiblement cherché partout mais ne le trouva pas. Il ne peut pas être bien loin et certainement pas dehors. Et il était encore trop jeune pour monter à l’étage.

Au bout d’environ un quart d’heure, le planché craqua à l’étage et vient alors débouler dans la salle commune, le garde suivit des enfants. Ils sortirent pour se rendre à l’écurie. Apparemment, ils allaient partir. Et toujours sous l’œil inquisiteur d’Isabeau, il vit ensuite descendre la comtesse, pourtant mal en point. Jake l’avait laissé partir, dans son état ? Eh beh … il est trop tendre ce bougre de Seigneur. Je vais lui apprendre la fermeté moi, comme avec les enfants !

Et enfin, quelques temps plus tard, après que le groupe soit parti sur leur monture, c’est un Jake abattu qui descendit les escaliers. Isabeau, affolée vient à sa rencontre.

- Sire Jake ! Sire Jake ! Votre fils est malade ! ... mais il a disparu ... et je ne le trouve pas.

Accompagné de son aveu, la préceptrice afficha une grimace. Elle sentait bien qu’elle allait se faire réprimander. Pire encore, si elle ne savait pas garder un enfant à l’œil, elle craignant pour sa place, même si c’était la fille de la gouvernante Pétronille, une amie chère à Jake.

- Mais vous êtes tout tristounet … que se passe-t-il Sire ?

Posant un regard soucieux sur le Seigneur qui l’employait. Le pauvre avait du avoir du mal à retenir sa patiente. Mais il y avait autre chose … mais quoi ?


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MessageSujet: Re: Carnet de route   Lun 20 Sep - 12:43



[b][ Salle commune ]


Yeux dans le vague, Jake arrivait au pied des escaliers, la tête baissée, songeur et soucieux. Il releva la tête quand Isabeau l’interpella toute affolée. Son fils malade ? Manquait plus que ça. Il lâcha un soupire. Il avait eu sa dose d’émotion pour aujourd’hui et tout ce qu’il avait espéré c’est de prendre un bon bain chaud et pouvoir rejoindre son lit pour se reposer.

Mais quand elle ajouta que son fils avait disparu et qu’elle ne le trouvait pas. Jake écarquilla les yeux.

« Malade ? Comment ça, tu ne le trouve pas ? Par la barbe d’Aristote ! Qu’attends-tu ! Trouve-le moi non didjou ! »

Elle lui expliqua alors toute l’histoire, le jardin … le bouton rouge … le varicelle ? Fallait vraiment que ça arrive à ce moment. Isabeau avait évidement ressenti son malaise et semblait s’inquiéter pour lui. Elle voulait savoir … Jake n’avait pas envie d’en parler alors il esquiva la question. Tout ce qu’il voulait, c’est qu’on le laisse tranquille. Malgré tout, il tentait de tempérer son humeur morose.

« Bon, je vais voir comment va mon autre patiente ! J’espère qu’elle n’est pas partie elle aussi ! »

[ Chambre de Malou ]

Il voulait voir comment se portait Marianne. Il avait promit de veilleur sur sa sœur et il comptait bien le faire. Jake se dirigea donc vers la chambre de Malou, voyant la porte entrebâillée. Tiens, elle n’est pas fermée … plutôt curieux. Il ouvrit la porte de la chambre et tomba en contemplation devant le tableau attendrissant que lui offrait Johan endormi dans les bras de Marianne. Jake tourna la tête et dit

« Je l’ai trouvé, cherche plus ! Tu peux rentrer, je vais m’occuper du petit prince. »

Isabeau hocha de la tête et Jake pénétra dans la chambre de Malou, fermant la porte derrière lui. Il prit une chaise et vient s’asseoir au chevet de Marianne. Cette vision apaisait tous les maux et ce fût un doux réconfort de voir son fils adoré dans les bras maternels de Malou. Il parla à voix basse, à son fils, mais aussi à la sœur de Lily la Hardie.

« Petite canaille, tu nous a fait peur. Ainsi donc tu serais malade … » relevant la tête vers Marianne.

« Je vois que vous avez fait la connaissance de mon fils. Et vous, dites-moi comment vous portez-vous ? Votre sœur est partie à l’aventure … encore … »

Il pensa à sa dernière escapade, et dans l'état dont elle était revenue. Il lâcha un soupire. Son regard était profondément triste et les traits de son visage, épuisé. Marie-Louise entra dans la chambre et vient apporter un plateau, contenant une corbeille de fruits, du pain, du saucisson et une carafe d’eau fraîche venant du puit. Toujours aussi prévenant son amie la soubrette. Elle sortit ensuite de la chambre les laissant seul. Jake attrapa un raisin et l’englouti, le faisant croquer entre ses dents pour en répandre son jus dans la bouche.

« Que souhaitez-vous manger, que je vous prépare ça. Souhaitez-vous que je prenne Johan ? »


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MessageSujet: Re: Carnet de route   Lun 20 Sep - 12:47

Marianne commençait à avoir un peu faim mais ne vit rien tout près pour se mettre sous la dent. Elle aurait bien aimé un bon fruits juteux comme elle les aime. Mais n'en vit point elle haussa légèrement les épaules en grimaçant un peu dû à ce mouvement qu'elle aurait été mieux fait d'éviter car il fit revenir la douleur .

Elle se pencha la teste sur celle du petit qui dormait toujours dans ses bras. Son mouvement ne l'avait point éveillé c'était déjà ça malgré qu'elle aimait bien l'entendre gazouiller ce charmant poupon. Elle entendit un peu de bruit venant de l'étage des pas qui semblaient assez pressés mais elle ne vit rien de l'endroit où elle se trouvait. La porte entrebâillée ne lui permettait qu'une vision plutôt sommaire. Mais bon sans doute que c'était les personnes qui cherchaient le petit. Elle ne pouvait tout simplement point leur faire savoir qu'il était avec elle sans risquer de l'éveiller. Surement qu'il allait le faire sous peu à cet âge la faim se fait sentir plus rapidement que chez les grands.

Elle se sentait légèrement fatiguée et ses yeux se fermaient bien malgré elle. Dans sa demie somnolence elle cru entendre des voix lui parvenir. Elle cru reconnaître la voix de Jake mais non l'autre qui paraissait affolée, celle d'une femme. Sans doute la personne qui avait la charge du petit Johan. Elle se penchait sur le petit lorsque la porte s'ouvrit, elle le reconnut de suite à sa voix qui disait à l'autre dame l'avoir trouvé qu'elle pouvait rentrer il s'en occuperait.

Marianne leva légèrement la teste encore tout attendrit par le bébé. Elle devait donné une drôle d'impression car le visage de Jake était bien différent en ce moment. Elle cru pourtant lire de la tristesse dans son beau regard bleu. Sans doute que la vue du petit dans ses bras lui rappelait certains souvenirs douloureux.

Il ferma la porte prit une chaise et vint prendre place à ses côtés. Elle fût fort surprise de l'entendre dire:

« Petite canaille, tu nous a fait peur. Ainsi donc tu serais malade … »

Puis il releva la teste vers elle et poursuivit ainsi

« Je vois que vous avez fait la connaissance de mon fils. Et vous, dites-moi comment vous portez-vous ? Votre sœur est partie à l’aventure … encore … »

Elle lui répondit à voix basse craignant toujours de réveiller le petit.

- Je ne crois point qu'il soit malade du moins il ne m'a point sembler l'être. Il est un peu chaud mais avec cette chaleur nous-même souffrons un peu. Il est adorable Jake je..il...y a si longtemps que je n'avais point tenu un tel trésor sur mon coeur...

Elle avait les larmes aux yeux juste à y penser. Puis elle se souvint qu'il lui avait demandé comment elle se portait.

- Je vais ... bien... heu! enfin aussi bien que je puisse l'être dans mon état. Lily est encore partie, mais pour aller où bon sang? N'était-elle point encore souffrante? Qu'est-ce qui peut bien la pousser à faire une telle bêtise.

Marianne soupira ce qui lui arracha une petite grimace de douleur une nouvelle fois. Elle voyait bien qu'il avait un regard triste de n'avoir point réussi à la retenir sans doute. Reprenant d'une voix un peu plus normale elle lui dit ceci pour ne point qu'il ne se sente coupable sans doute.

- Je suis certaine que vous avez tenté de la dissuadé mais la connaissant lorsqu'elle a quelque chose en teste elle n'écoute rien ni personne. J'en ai souvent fait les frais malgré que j'ai peut-être un peu plus de contrôle sur elle que les autres. Sans doute si j,avais su ses intentions et que j,avais été en mesure de le faire je l'aurais surement dissuadée de commettre une telle folie. Elle devait bien s'en douter et c'est pour cette raison sans doute que je ne l'ai point vu venir me rendre visite avant de partir.

Elle connaissait Lily et sa témérité. Sa soeur avait toujours été très impulsive depuis sa plus tendre enfance. Cela lui avait causé bien des soucis mais elle ne changeait point pour autant. Ah! si seulement elle pouvait trouver une personne capable de canaliser se trait de sa personnalité elle en serait fort heureuse. Car chaque fois qu'elle commettait de telles actions Marianne en avait des sueur froide et craignait toujours que l,on vienne lui annoncer une mauvaise nouvelle.

Elle allait continuer à lui parler lorsque Marie-Louise vînt déposer un plateau garni sur la table près de son lit. Ce qu'elle pouvait être discrète cette personne tout de-même. Elle l'appréciait énormément.

Elle sourit en voyant Jake faire avec le raisin. Puis il lui demanda ce qu'elle voudrait manger et si elle souhaitait qu'il reprenne son fils. Elle senti justement que le petit qui commençait à reprendre contact avec la réalité. Car, il bougeait doucement dans ses bras.

- Je prendrais bien une fruit et un bout de pain avec un verre d'eau fraîche je crois que je serai comblée. Il est vrai que j'ai un peu faim, mais j'ai toujours pour habitude de manger léger au grand désespoir de ceux qui m'entourent comme mon fiancé ou ma sœur entre autre.. Pour le petit, je suis certaine que c'est lui qui voudra aller dans vos bras il ne cessait de vous réclamer avant de s'endormir alors que je lui fredonnais quelques chansons de mon enfance.

Elle sourit tout en caressant naturellement la teste de Johan...

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MessageSujet: Re: Carnet de route   Lun 20 Sep - 12:52



Il avait retrouvé son fils, son trésor, son petit prince comme il aimait tant l’appeler. Il était attendrit de voir Johan dans les bras maternels de Marianne. Le chérubin dormait paisiblement et devait sans doute vivre d’extraordinaires aventures au pays imaginaire avec les fées et les anges. Malgré son attendrissement pour le joli tableau qui s’offrait à lui, on pouvait y lire de la tristesse dans son regard.

Souvenir lointain, pas si lointain que ça où il voyait sa blonde d’épouse tenir son fils dans ses bras. Elle le dévisageait tendrement de ses jolies prunelles saphir. Elles brillaient d’amour maternel pour son enfant, leur fils. Un mince sourire se dessina sur les lèvres de Jake à cette douce pensée. Mais la réalité revient assez vite à lui. Elle n’était plus là et la vie continuait son cours …

Il s’était installé à côté de Malou sur une chaise, ses prunelles azurées posées sur son fils et sur elle. Il ne parlait pas trop fort, à voix basse pour ne pas réveiller son bébé. Elle répondit qu’il lui semblait ne pas être malade mais qu’il avait chaud. Jake l’ausculterait tout de même pour être rassurer bien qu’il ait confiance en Marianne. Elle semblait dissimulé quelques talents d’infirmière. Il avait déjà eu l’occasion de le remarquer en y trouvant une compresse pour comprimer son hémorragie à la hanche. La chaleur était le symptôme pensait-elle, possible, vu le temps qu’il faisait. Et puis, Madeleine avait tendance à trop le couvrir.

Elle lui confia également qu’elle trouvait son fils adorable. Cela lui faisait grand bien de tenir son fils dans ses bras, contre son cœur. Il avait de suite remarqué qu’elle avait de l’amour maternel à revendre quand il avait posé son regard sur eux en rentrant. Nul doute qu’elle devait avoir des enfants elle aussi. Il lui semblait voir les yeux de Marianne briller à la lueur des bougies.

« Quel tombeur mon petit prince … » répondit-il amusé. « Vous avez craquez pour lui, n’est-ce pas ? … Il est si attendrissant … comme l’était sa maman. »

Comment ne pourrait-il en être autrement ? Son fils était la douceur incarnée. Il respirait la joie de vivre et l’innocence de l’âge où il allait de découverte en découverte. Il lui avait demandé comment elle se portait et lui donna des nouvelles de sa sœur, aussi brève soit-elle. L’intrépide était partie. Evidement, Marianne s’inquiétait aussi pour elle. Jake avait besoin d’en parler, de se confier. Et puis, Malou devait savoir. Jake acquiesce à ses paroles. Oui, souffrante … pas aussi souffrante que Marianne, mais elle l’était. Et il suffisait d’une mauvaise chute, d’un mauvais coup pour que ses plaies se rouvrent. De plus, elle avait perdu beaucoup de sang, ce qui devait forcément l’avoir considérablement affaiblie.

« L’amour … » lui répondait-il. « L’amour nous aveugle, nous fait prendre des risques insensés telles des œillères que portent un cheval et galoper droit devant malgré le danger. »

Contre ça, il ne pouvait lutter, le sentiment le plus fort du monde qui peut parfois soulever des montagnes ou même décrocher la lune. Et oui, l’amour pouvait parfois nous rendre téméraire bravant tous les dangers. Et même si elle était affaiblie, elle puiserait sa force dans son amour pour son aimé. Malgré tout, Jake était triste et tourmenté par son départ …

Marianne avait senti son angoisse. Elle cherchait des paroles réconfortantes pour le rassurer mais rien n’y fait. S’il lui arrivait quelques choses, il culpabiliserait le restant de ses jours de ne pas avoir assez de cran de la retenir. Il l’avait bien cerné finalement en écoutant les paroles de sa sœur.

« Lily la Hardie … » disait-il d’une voix triste, laissant un petit silence avant de continuer.
« J’ai bien tenté de l’en dissuader. Je lui ai même proposé que ma soubrette l’accompagne pour lui apporter les soins nécessaires mais elle a refusé prétextant que ce serait trop dangereux pour elle. »

Et même mon présent était de trop pensait-il. Rien n’était de trop pour la vaillante Lily. Il espérait tout de même qu’elle le garderait sur elle. C’était certes un cadeau pour la soigner et la protéger mais il avait était offert avec son cœur aussi. Il reprit alors, ajoutant …

« Elle est partie sauver l’homme qu’elle aime. Et j’aurais fait la même chose si j’étais dans sa situation. »

Jake lâcha un soupire de désarroi, puis baissant la tête sentant les larmes roulés sur ses joues, ces larmes qu’il contenait depuis qu’elle était partie. Il ne pouvait … il n’en avait pas le droit …

« Je suis désolé … Il ne reste plus qu’à prier maintenant … »

C’est à cet instant que la soubrette entra discrètement déposant un plateau remplit de victuailles sur la table de chevet. Elle disparu ensuite comme elle était venue. Marie-Louise était toujours au petit soin avec elle, et s’il ne l’avait pas, il faudrait l’inventer. Jake reprit ainsi contenance et dégusta un grain de raisin. Sa patiente esquissa un sourire en le voyant faire.

A sa proposition, elle lui dit tout ce dont elle voulait pour se restaurer. Jake servit un peu d’eau dans une coupe et la lui tendit, accompagné d’une tranche de pain, tout en continuant à l’écouter parler. Ainsi, il le réclamait. Il esquissa un mince sourire à ses paroles.

« Il y a des pommes, des raisins, des cerises et des fraises. Servez-vous … » dit-il lui rapprochant la corbeille à portée de main.

« Vous savez, du moment que vous mangez à votre faim, c’est le principal. »

Il la laissa choisir ses fruits, prenant son fils dans ses bras après qu’elle ait donné une dernière caresse sur la tête du petit ange. Celui-ci se réveillait doucement, ouvrant ses petits yeux bleus. Jake lui caressa la joue de l’index avec tendresse. Il attrapa ensuite une petite cuillère, ramassant dans une écuelle en argent de la bouillie composée de mie de pain, de lait de chèvre, de miel et de pommes cuites. Johan semblait apprécia ce réveil en douceur et le repas qui lui était offert.

« Ainsi vous avez chanter pour lui. Et il a apprécié ? Madeleine lui fredonne parfois des berceuses mais il n’aime pas. »

Son fils tirait sur sa chemise réclamant une nouvelle cuillère de bouillie.


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MessageSujet: Re: Carnet de route   Mar 21 Sep - 2:48



Z’étais persé sur un arbre, c’était haut … ze vois un oiseau qui vole, je tends mes bras et ze fait comme lui, battant mes petits bras. Oh ze vole … youpiiiiie … ze vole et je touche les nuages, ze me pose dessus, c’est doux et je bondis … de nuaze en nuaze. Le nuaze me guide, je me balade avec lui et vient me reposer doucement sur un tapis de fleurs. Je me roule dedans et ze regarde le ciel. Une mousse se pose sur mon nez et me chatouille. Je la chasse avec mon petit bras et z’ouvre mes petits yeux bleus.

Oh, il est là, c’est mon papa, ze lui sourit. Oh la dame qui sante est touzours là aussi. Elle me caresse la tête. Elle est zentille.

- Papa ! ze dit tout content.

Il me prend sur ses zenoux et me regarde, me caresse la zoue et puis m’apporte une cuillère de bouillie. Miam, z’aime bien, c’est sucré. Papa discutait avec la dame et cette bousée m’avait ouvert l’appétit alors se secoue mes zambes et tire sur semize de bon Papa.

Et ze reçoit une nouvelle bousée, mmmhhhh. Ze rigole et ze dit : Encoe !


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MessageSujet: Re: Carnet de route   Mar 21 Sep - 2:52

Elle l'avait écouté avec toute son attention.

- Surement que ce devait être une femme exceptionnelle. Je n'oserais point vous poser de question à son sujet ne voulant point vous causer plus grand chagrin. Lorsque l'on parle des personnes disparues surtout lorsqu'elles étaient si proche de nous cela nous fait toujours un peu de mal...

Elle faillit tendre la main pour essuyer les larmes silencieuses qui coulaient sur ses joues mais n"osa point, ne voulant point ajouter à son malaise. Puis il ajouta en réponse à sa question sur les motivations de Lily à partir si vite sans attendre la guérison complète.

« L’amour … » lui répondait-il. « L’amour nous aveugle, nous fait prendre des risques insensés telles des œillères que portent un cheval et galoper droit devant malgré le danger. »

- Que me dites-vous là Lily serait partie pour cette raison? Mais qui peut-bien être la personne en question, il ne me semble point l'avoir vu fréquenter personne ces temps derniers à moins que...

Ha! Non point ce type qui voyageait avec elle depuis Toulouse Marianne n'avait aucune confiance en lui, pensa t-elle. Elle ressentait un malaise chaque fois qu'elle avait dû le croiser, il y avait un côté sombre chez cet homme qui ne lui plaisait guère. D'ailleurs elle avait bien tenté de demander à Lily ce qu'il pouvait bien faire à ses côtés, sans avoir la chance de le faire puisqu'il semblait la suivre comme son ombre. Elle pria intérieurement pour qu'elle se trompe sinon que le Bon Aristote vienne mettre un peu de clarté dans la teste de Lily afin qu'elle en comprenne son erreur.

Pourtant celle-ci en avait connue bien des épreuves à cause du Sans Nom mais cette fois elle semblait sur le point de commettre la plus grosse bêtise de sa vie et Marianne qui n'était point à ses côtés pour la protéger et l'en empêcher à cause de ses blessures. Elle en aurait pleurer de rage si elle avait pu le faire. C'est le petit qui lui changea les idées en commençant à gesticuler un peu plus. Elle essayait de le maintenir du mieux que lui permettait son état mais avait tout de-même certaine difficultés à le faire. Comme Jake lui avait offert de le reprendre elle s'en sépara avec peine tout de même. Elle se mit à rire en lui tendant le petit bambin qui s'éveillait maintenant totalement. Lorsque celui-ci vit son père elle faillit bien l'échapper tant il avait hâte d'être dans ses bras.

Elle les regardait toute attendrit tous les deux en souriant. Un petit retour en arrière lui fit penser qu'elle aussi il y a peu de temps encore pouvait serrer les siens ainsi. Elle détourna légèrement la teste pour qu'il ne voit point à son tour le chagrin qui s'était emparé d'elle à ce ce souvenir. Puis elle laissa son esprit vagabonder un peu pendant qu'il s'occupait du petit prince. En repensant à ce qu'il venait de lui dire. Il semblait avoir repris un peu de contenance mais elle sentait tout de-même que subsistait un fond de tristesse au fond de ses yeux. Elle avait bien tenté de le faire sentir un peu moins coupable mais s'était bien vite rendu compte que ce serait une chose fort difficile à faire pour y arriver.

Il était si consciencieux pour son métier s'était une bonne chose elle le savait bien mais il lui faudrait comprendre qu'il ne pouvait point toujours arriver à sauver ses patients. Que bien souvent ceux-ci n'agissaient que selon leur bon vouloir. Il refusaient aussi bien souvent des soins qui leurs seraient d'une grande utilités pourtant afin de poursuivre une lubie qui les menaient inexorablement sur le chemin contraire au bon sens. Comme l'intrépide Lily le faisait souvent hélas. Elle-même avait agit bien souvent à la légère ne pensant point qu'elle faisait mal en écoutant son cœur. Mais était-ce bien celui-ci ou encore une ruse du Sans Nom pour essayer de la prendre dans ses filets.

Marianne n'avait point eu besoin qu'il lui en dise plus, au fond elle avait vite compris en voyant les regards qu'il posait sur Lily lors de sa première visite icelieu. Il aurait fallu être aveugle pour ne rien discerner à ce moment là. Elle en avait maintenant la confirmation et cela serait très difficile pour lui elle le craignait. Mais elle ne lui confierait point qu'elle avait compris ses sentiments pour ne point le mettre encore plus à mal.

Il lui arrivait parfois de ne point comprendre Lily et ses motivations qu'elle croyait dure comme fer être justes et qui la faisaient agir de manière bien souvent irréfléchie. Bien entendu elle avait elle aussi des sentiments mais son impétuosité la portait bien souvent à faire des choix de personnes indignes de ceux-ci justement.

Dans sa volonté à vouloir ramener sur le droit chemin toutes les brebis égarées, il lui arrivait de se perdre un peu elle-même et elle en souffrait grandement par la suite. Il lui fallait alors la consoler sur une longue période, était-ce encore le cas cette fois-ci elle n'aurait su le dire....

Elle sortie de ses pensée lorsque le petit réclama à manger lui aussi. Jake avait pris la peine de mettre la nourriture non loin d'elle. Elle regarda ce que contenait la corbeille que l'on avait apportée et elle sourit

Son choix ne fût point très difficile des fruits frais puis elle vit que l'on avait aussi déposé du fromage avec les fruits ce qui lui plu beaucoup. L'eau était fraîche et lui fit grand bien. Puis elle vit le geste du petit et se mit à rire légèrement en mettant la main sur sa hanche comme pour empêcher la douleur de ré-apparaître.

- Merci Jake c'est très aimable à vous. Prenez donc soin de ce charmant glouton qui semble avoir un bel appétit. Je me servirai par moi-même comme vous avez mit le tout assez près pour que je le fisse plus aisément.

Elle les regardait tout en croquant dans une belle pomme rouge juteuse...

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MessageSujet: Re: Carnet de route   Mar 21 Sep - 2:54



Jake était entrain de donner la bouillie à son petit prince tout en repensant ce que Marianne avait dit en réponse à ses propos et à son inquiétude. La mère de Johan était en effet une femme exceptionnelle. Malou était prévenante dans ses paroles et cela faisait grand bien au médecin. Il est vrai que de parler de sa défunte épouse lui donnait toujours les larmes aux yeux. A la question de Marianne concernant l’identité du bien aimé de Lily, Jake lui avait répondu d’une petite voix. « C’est Maelchon … »

Ils passèrent ainsi la soirée à discuter paisiblement après une journée bien éreintante en émotion. Johan s’était à nouveau endormi dans les bras de son père. Il avait du laisser à regret sa patiente mais elle était également fatiguée. Il avait senti qu’une affinité les liait tous les deux. Une belle amitié venait de naître, s’entraidant tous les deux dans l’épreuve et l’inquiétude qu’ils traversaient pour leurs proches.

Les jours passèrent et se ressemblèrent …

Tandis que Marie-Louise s’occupait du bien-être et du confort de Marianne la journée, Jake lui pouvait vaquer à ses études et ses responsabilités de maire. Le soir venu, Jake la passait avec Marianne. Ils discutèrent de tout et de rien, faisant peu à peu connaissance. Il lui avait apporté des romans pour s’occuper. Jake se sentait bien en sa compagnie et vu que sa sœur Emilie était partie au couvent, il ne pouvait plus se confier à elle. Alors, c’est à Marianne qu’il racontait ses journées et ses soucis.

Il lui raconta notamment sa visite à la Comtesse Icie au bord de la délivrance. Et le jour suivant, il lui avait dit qu’il devait s’absenter pour participer à des joutes à Alluyes en Orléans et qu’il serait revenu pour dimanche. Il lui avait ainsi proposé si le temps était clément d’aller se promener au parc de Poitiers pour prendre l’air, pour que Marianne puisse bouger aussi. Et il lui avait dit que Johan serait également présent.

[ Quelques jours plus tard … Dimanche au parc de Poitiers ]

Jake était revenu à Poitiers tout sourire même si l’inquiétude se lisait toujours dans son regard azuré. Il s’était rendu d’abord à l’église Ste Radegonde pour écouter l’office du Père Elenion et adressé une prière pour la vaillante aventurière. Il était ensuite venu chercher Marianne à l’auberge, en compagnie de Johan qui faisait la sieste dans son couffin. Il savait qu’elle aimait beaucoup son fils et que sa présence lui faisait du bien. Le médecin avait conduit sa patiente au parc. Il voulait lui faire profiter de la nature, des parterres de fleurs, du petit étang et des arbres dont ont pouvait entendre le bruissement des feuilles. Les oiseaux chantaient une douce mélodie apaisante. Ils ’étaient promené un moment avant de s’asseoir sur un banc. Il déposa le couffin sur ses genoux avec un regard attendrissant sur son petit prince. Il tourna la tête vers Marianne et lui sourit.

« Je suis encore tombé aux joutes à Alluyes, mais pour une fois j’ai réussi à désarçonner mon adversaire. On était tous les deux sonnés après cette lance mais j’étais content. La prochaine fois, peut-être que je gagnerai au moins une joute. »

Jake ne perdait pas espoir pour autant. Et il savait que c’était seulement en persévérant qu’il arriverait un jour à devenir bon dans ce sport noble.

Le soleil réchauffait le jardin d’une douce chaleur. Une petite brise venait parfois caresser leur visage. Seulement, l’inquiétude ne quittait pas les yeux du Seigneur.


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MessageSujet: Re: Carnet de route   Mar 21 Sep - 2:57

Lorsqu'il avait annoncé à Marianne qu'il allait faire des joutes celle-ci devint un peu inquiète pour son nouvel ami. Car au fil des jours leur amitié avait prit naissance et ils aimaient bien deviser tous les deux le soir après le travail de Jake. Il lui parla de son amie qui allait recevoir la visite d'un petit ange bientôt.

Il lui parlait de ses journées et elle en faisait de-même. Depuis qu'elle pouvait sortir de son lit, elle se sentait de mieux en mieux. Bien entendu il lui fallait toujours attendre que Marie-Louise vienne constater que tout allait bien avant de le faire puis elle arrivait même à changer ses pansements toute seule à l'occasion cela lui faisait constater à quel point les soins de Jake avaient été efficace.

Elle avait toujours cette petite pâte bleu qu'elle s'était servi lors de sa blessure à la cuisse lors de son duel et qui avait magnifiquement fait en sorte que la cicatrice était à peine visible. Mais elle n'allait point la lui montrer comme preuve il avait déjà assez vu des parties de son anatomie qui en autres cas n'aurait point été possible. Bien qu'elle avait une total confiance en lui elle n'arrivait toujours point à se départir de sa gêne légendaire. Elle avait peine à ce que l'on pose un regard sur sa personne du moins certaines parties qu'elle gardait pour l'intimité avec son futur époux.

Chaque jour Marianne allait au jardin elle y puisait beaucoup plus que des forces. Elle adorait la nature, les fleurs et tout ce qui y vivait aussi le grand air lui faisait du bien et l'empêchait de trop s'inquiéter pour ses proches mais elle le faisait quand même.

Elle prenait une des reliures que Jake lui avait apportées et y plongeait avec délice. Elle avait toujours aimé lire ce qui la détendait. Puis lorsqu'elle relevait la teste de sa lecture elle pouvait admirer la danse de certains oiseaux qui semblaient se courtiser et ça la faisait bien rire. Puis les petits papillons qui venaient parfois si près qu'elle pouvait en détailler toutes les magnifiques couleurs.

Vraiment le Très-Haut avait fait des merveilles avec la nature pensait-elle. Lorsqu'elle voyait les petits écureuils farouches au tout début venir vers elle quémander un bout de pain ou un gland elle s'en émerveillait à chaque fois. Elle avait appris à aimer les animaux déjà toute petite à la maison puis en grandissant avait aussi compris que certains d'entre-eux étaient plus sauvages et dangereux mais de façon général elle pouvait approcher presque chacune des différentes espèces. Ce qui n'était point toujours le cas avec les humains. Son Ackim devait avoir lui aussi un don avec les animaux ainsi que Marryssah à l'époque qu'ils étaient encore avec elle.

Un voile de tristesse passa dans son regard en repensant à ces chers enfants disparus. Lorsqu'elle voyait au loin des mères avec leurs marmailles qui s'amusaient avec eux, Marianne les enviait de pouvoir le faire et leur envoyait en pensée.

Profiter de ses instants si précieux car on ne sait jamais pour combien de temps cela vous sera permis. Je vous souhaite de jamais vivre la perte des ces êtres chers et que vous puissiez très longtemps en savourer le plaisir.

Elle revenait à sa chambre attendant la visite quotidienne de Jake et parfois du petit Johan qu'elle adorait. Mais bien souvent le soir il ne pouvait point être là trop petit il devait dormir cela dépendait des jours.

En ce beau dimanche le soleil était étincelant et Marianne savait que Jake devait passer plus tôt pour l'amener au parc. Sans doute lui ferait-il récit de ce qui s'était passé à la joute. Elle frissonna à cette pensée elle espérait qu'il n'aurait point de blessures. Elle savait combien les joutes étaient rudes et parfois de gros cas de blessures graves survenaient lors de celle-ci. Elle chassa ses sombres pensées fouilla dans sa besace pour y trouver le seul bijoux qu'elle avait un collier de nacre cela irait fort bien avec la robe qu'elle avait bien pris soin de sortir la veille afin qu'elle soit défroissée. C'était une jolie robe bleu poudre cintrée d'un joli ruban bleu royal. Celle que Gustave préférait lui voir porter en fait car elle rehaussait l'éclat de ses yeux bleu saphir tout en faisant ressortir la blancheur de sa peau opaline.

Elle finissait de se préparer lorsque les petits coups discrets à la porte se firent entendre. Elle savait que c'était son ami qui était là une sorte de signal entre eux sans pour autant que cela ne soit dit. Il l'avait fait prévenir qu'il viendrait la prendre pour la mener au parc.

- Je suis prête Jake j'arrive

Elle fût agréablement surprise de voir qu'il avait amener Johan qui dormait paisiblement dans son couffin elle se retient de lui baiser le front de peur de l'éveiller et puis pris le bras libre de Jake pour se rendre là-bas. Ils prirent place sur un banc, elle sourit en le voyant contempler son petit prince comme il aimait l'appeler. Puis il leva la teste vers elle et lui dit:


« Je suis encore tombé aux joutes à Alluyes, mais pour une fois j’ai réussi à désarçonner mon adversaire. On était tous les deux sonnés après cette lance mais j’étais content. La prochaine fois, peut-être que je gagnerai au moins une joute. »

- Je sens là une grande motivation ce qui est bien en soi. Mais je vous en prie il faut être prudent lors de ses joutes car on peut se blesser grièvement et un médecin blessé n'aide en rien à soigner ses patient cher ami. Au fait vostre amie la Comtesse Icie doit bien avoir reçu la visite de son petit trésor maintenant j'espère que tout c'est bien passé.

Marianne sembla détecter encore une certaine anxiété chez son ami et en connaissait en partie la cause. Elle-même était fort inquiète n'ayant point reçue de nouvelles depuis son départ.

- Jake cessez donc de vous en faire pour des choses dont vous ne pouvez point avoir de contrôle. Je sais que c'est plus facile à dire qu'à faire je le reconnais volontiers mais il faut essayer vous voulez bien le faire?

Elle lui fit un grand sourire et mit sa main sur la sienne qu'elle pressa légèrement en signe d'amitié et de réconfort.

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MessageSujet: Re: Carnet de route   Mar 21 Sep - 3:08



Rien de tel de pouvoir se promener avec une femme au parc sans avoir d’ambiguïté l’un pour l’autre, simplement des amis qui s’apprécient et qui profitent de l’après-midi ensoleillée pour deviser sur divers sujets qui leur tient à cœur. Marianne arrivait à mettre Jake en confiance et il pouvait ainsi parler avec elle en toute quiétude et en tout amitié.



Il lui avait parlé de sa surprise avec Loulianne, demoiselle prétendante réservée que Jake avait du repoussé ses avances. Oh, ce n’était pas la première fois que cela lui arrivait et à chaque fois, il culpabilisait de blesser une prétendante, se trouvant à chaque fois maladroit pour les éconduire. Il pensait que sa franchise déroutante manquait parfois de tact, mais cette fois, il ne s’était pas du tout attendu à cette réaction. Elle était partie et c’était sans doute mieux ainsi.

Revenant à ce beau dimanche d’été en compagnie de Marianne, Jake avait évidement remarqué que la demoiselle avait mit des beaux atours pour cette promenade. Lui par contre, il s’était habillé tout simplement de braies d’un bleu nuit et d’une chemise blanche. Il était toujours rasé de prêt et ne négligeait jamais ses cheveux. Et pour ceux ou celles qui s’approchait de lui, ils pouvaient sentir qu’un parfum de lavande ne le quittait jamais. Evidement, il lui avait fait le compliment sur sa beauté en arrivant à l’auberge pour venir la chercher. Il avait dit tout simplement et en tout sincérité avec une once d’humour.

« Bonjour Marianne, que vous êtes élégante aujourd’hui, cela vous change de votre chemise de nuit. »

Ils étaient arrivés tous les trois au parc. Elle avait accepté son bras pour la balade et ensuite s’étaient assis sur un banc à contempler la nature. Un grand chêne venait leur faire de l’ombre. Jake aimait bien ce banc où il venait souvent se ressourcer et méditer. Non loin, il y avait la balançoire pour les enfants. Il eut une pensée émue pour sa fille qui adorait se faire balancée par son père. Il se demandait comment allait sa friponne et si elle se comportait bien avec les nones. Il était tout de même rassuré qu’Emilie soit avec elle. Elles lui manquaient beaucoup par leurs joies de vivre, leurs rires et leurs espiègleries. Le manoir était bien calme en leur absence.

Jake avait déposé le couffin sur ses genoux à contempler son petit prince. Il avait un regard tendre et aimant pour son fils qui dormait paisiblement. Il ne parlait pas trop fort pour ne pas le réveiller. Jake était de retour à Poitiers de sa petite escapade aux joutes et expliquait à Malou d’un ton enjoué sa victoire personnelle même s’il avait perdu. Marianne s’inquiétait pour lui sachant très bien que ce sport était dangereux. Elle lui demanda aussi des nouvelles de la Comtesse Icie au passage.

« Ah oui, je n’avais pas pensé à cela. Vous savez, j’adore jouter, sentir le frisson nous gagner quand notre monture est lancée au galop, prêt à fracasser notre lance sur notre adversaire. Evidement, je suis à chaque fois tombé de monture hélas. Il faut dire ce n’était que ma 3ème joute. Fort heureusement, à chaque fois, j’en suis sorti seulement avec quelques ecchymoses. Il me faudra encore quelques temps pour devenir bon jouteur mais je ne désespère pas. D’ailleurs, les prochaines joutes devraient sans doute avoir lieu fin septembre au Lavardin, chez mon ami Sa Gâce Llyr à l’occasion des festivités de la St Michel. Il l’organise chaque année. Je pourrai encore m’entraîner d’ici là. »

On sentait dans le ton de sa voix une certaine passion quand il parlait des joutes. Caressant la joue de son fils machinalement, il reprit ensuite la conversation parlant de son amie.

« Dame Icie se porte bien. Elle doit juste se reposer et je lui ai donné de l’onguent à l’arnica à passer sur son dos pour la soulager. »

Mais alors qu’il bavardait avec Marianne, elle avait pu remarqué son trouble et son inquiétude dans son regard qui ne le quittait jamais vraiment. Il faisait tout pour l’occulter cherchant à se distraire avec de l’humour, mais visiblement, il ne pouvait rien cacher à Marianne. Il pu sentir la main de son amie se poser sur la sienne en signe de réconfort, ajoutant quelques paroles. Jake acquiesce et ne dit mot. Un silence s’était installé entre eux laissant alors ses pensées vagabonder, quelques pensées pour elle. Il se souvient encore de la lettre qu’il lui avait écrite ce matin, après la messe. Il avait eu bien du mal à trouver les mots et avait du recommencer plusieurs fois sa lettre pour qu’elle lui plaise. Il espérait que ces quelques lignes lui apporterait du réconfort dans l’épreuve qu’elle traversait. Il avait écrit ceci :


Citation :
Chère Lily,

Cela fait plusieurs jours que vous êtes partie et je m’inquiète pour votre santé. Vous n’étiez pas encore en l’état de bouger beaucoup avec vos blessures. Votre médecin est anxieux mais aussi votre ami. Je comprends malgré tout votre départ à vouloir sauver votre bien aimé, mais je vous en supplie, soyez prudente. S’il vous arriverait malheur, je me le pardonnerais jamais.

Il est vrai que nous nous connaissons peu mais les événements durant votre séjour à l’auberge ont été pour moi si intense qu’à présent je pense à vous souvent me demandant ce que devient la vaillante Lily.

Donnez-moi de vous nouvelles je vous en prie car il est important pour moi de vous savoir en bonne santé. Depuis votre départ, je suis préoccupé, pas seulement par vos blessures mais aussi par ce qu’il vous arrive. Je connais cette douleur et la peur de perdre l’être aimé. Sachez que vous avez mon profond soutien et que si jamais vous sentez perdre pied ou l’espoir, fermez les yeux instants, et imaginez que je vous tienne la main. Puisez en moi toute la force dans vous avez besoin.

Rassurez-vous, tout ce passe pour le mieux à Poitiers, j’en suis devenu le maire. La ville est assez paisible, ce qui me permet de me consacrer beaucoup à votre sœur Marianne. Elle va de mieux en mieux dans sa convalescence. Je vous l’ai promis que je prendrais soin d’elle ainsi vous n’avez pas à vous soucier d’elle et vous pourrez entièrement vous concentrer sur votre quête.

Si vous souhaitez me répondre, attachez votre missive à la patte de ma colombe Céleste et elle retourna me la livrer.

Que mes prières vous accompagnent,
Courage …

Jake,
Un ami qui pense à vous.



La colombe s’était envolée vers sa destinataire. Il devrait garder patience. Il n’était pas le seul à s’inquiéter pour elle d’ailleurs. Sa sœur Marianne devait l’être également. Et le silence se rompit alors répondant aux paroles de son amie.

« Je pourrais en dire autant pour vous … » avait-il d’abord rétorqué. « Hélas, il y a certaine chose que nous ne contrôlons pas tout comme mon inquiétude pour elle. Mes occupations me permettent néanmoins de ne pas trop y penser. Je me suis toujours noyer dans le travail quand j’avais des soucis. Cela me permet d’évacuer mon malaise et de concentrer mon esprit sur autre chose. J’essaye tous les jours, je vous assure … »

Il afficha un sourire sur ses lèvres, bien que forcé mais il essayait tout de même. Il avait cette impression que Marianne pouvait lire de mieux en mieux en lui, chaque jour qu’ils passaient ensemble à se côtoyer, mais cela ne l’effrayait pas. Il avait confiance en elle et l’apaisait aussi par sa douceur et sa présence.

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